ROBERT MORRIS


Pour la Documenta de Kassel en 1977 Robert Morris établit son territoire au beau milieu d’un parc.
Il répartit là une série de constructions en pierre qui se répondent, points fixes dans l’étendue mouvante du parc.
Robert Morris réinvente à cette occasion un espace baroque, où la perception de l’espace est celle d’un dédale fluide avec des passages, des déclivités et des courbes, des tranchées et des alignements. (Je me souviens, allant de surprise en surprise tandis que je prenais ces photos, avoir pensé aux jardins de Bomarzo.)
Robert Morris façonne et sculpte ces masses, comme un danseur le ferait avec son corps.
Rosalind Krauss, d’ailleurs, déclarait à son propos : « Chacune des œuvres de Robert Morris est une interface entre le monde et le corps. »
Robert Morris est familier des performances, il en a été le précurseur dés le début des années 1960 et ses amis d’alors n’étaient autres que John Cage et la Monte Young.

Robert Morris explore ici un espace et un temps étrangers à l’installation, souhaitant dépasser le domaine étroit de la sculpture. Cette œuvre est théâtrale : c’est aussi un manifeste.