ROBERT RYMAN


En 1978, Robert Ryman occupe d’anciens studios de cinéma sur les quais de l’Hudson river aménagés sur trois niveaux, lieu aseptisé, éclairé par une lumière aveuglante produite par diverses sources artificielles, néons, spots, lampes de bureaux toutes au service d’une peinture ultra sensible qu’elles façonnent, sculptent et révèlent comme dans un laboratoire.
L’absolu du blanc n’est qu’un point de départ, où la perception du regard s’affine et s’aiguise, et s’attarde tant sur la particularité du choix des formats, des pigments colorés, de la matière que sur la diversité extraordinaire que cette œuvre donne à voir.
D’innombrables effets de surface, textures, transparences, incitent à découvrir une peinture d’une sensibilité exacerbée où l’infime devient visible, où chaque détail compte : l’épaisseur du support, la distance et le vide qui sépare le tableau du mur, les ombres qui s’en détachent, la bordure, la sensibilité de la ligne soft edge, rough edge, l’emplacement de la ou des signatures, avec leur poids visuel, les vis d’accrochages qui projettent leurs ombres.

I show how the painting is painted rather than what is painted.