CHOSES DE flot ET DE mer

“ J’ai trouvé à Sèvres-Cité de la céramique Les plus beaux émaux,

et dans ses ateliers avec chacun,
Le plus bel écrin pour inventer les bijoux de l’océan. ”


Il y a des pays qui tournent le dos à la mer et sur les rives desquels les plages abandonnées, semblables à du calcaire, sont des décharges à ciel ouvert que la mer augmente de ses dépôts. Sans relâche, les vagues étalent sur les plages un éventail de formes adoucies, calcinées et calcifiées.
Alors peu à peu, tout devient minéral et, la couleur gommée, les ombres s’allongent à l’infini. La réverbération est si puissante quand mes pas foulent cette étendue couleur d’écume, en 1993 à Mukallah, au Yémen, qu’il me semble traverser une carrière. Tant de lumière produit l’obscurité : il est minuit à midi, les ombres m’éblouissent. Les images que je parviens à sauver semblent solarisées, appartenir à un rêve surréaliste arraché à la lune. Elles sont aussi celles d’un musée d’histoire naturelle disloqué par le vent, où j’ai glané, comme autant de trésors, des formes dessinées par le temps.
Celles-ci deviendront par la suite soixante-douze petites sculptures qui, une fois modélisées, m’auront permis de composer une soixantaine de planches ayant pour objet des thèmes inspirés de la mer : Oceano Nox, le Miroir des étoiles ou la Spirale d’Archimède, Noctiluques ou protozoaires phosphorescents, Foraminifères et autres animalcules marins. Calcarea ou les Coquillages, Silènes, Hémérocalles ou les Floraisons nocturnes de l’océan et encore les Mouettes, Sirènes, etc.
 

Chacune des planches dessinées a généré une série de bijoux uniques allant de trois à neuf exemplaires, tous numérotés. L’ensemble constitue la collection Choses de flot et de mer.